Chroniques du voyageurs : La corporation commerciale

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Alangorha
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Chroniques du voyageurs : La corporation commerciale

Message par Alangorha » 09 avr. 2017 - 19:13

"Je me souviens de ce jour, le quatorzième de la saison des Fleurs 202. La citadelle d'Al'Vor, capitale économique de l'Ile Assaron, était sur le pieds de guerre. Voilà trois jours que la corporation commerciale avait déclaré la guerre à l'Armée Autonome. Les rues et les murailles fourmillaient de soldats et de créatures en tout genre. Toutes les armées du Seigneur Alangorha étaient mobilisées pour défendre ses terres. Je me souviens de ce jour où, pour la première fois, je suis entré dans la capitale de l'alliance la plus puissante de l'Est. Je me souviens de ce jour qui bouleversa ma vie. Ce jour où je l'ai rencontré..."

"La caravane marchande que j'accompagnais avait quitté Jhelom avant le levé du jour, pour éviter d'attirer les regards indiscrets. Une semaine de voyage à travers un désert dont la suffoquante chaleur du jour se mêlait aux blizzards glacés de la nuit.
Je n'avais emporté que le strict nécessaire ; des vivres, quelques affaires personnelles et mes parchemins. L'invitation du Seigneur Alangorha m'était arrivée d'une manière aussi soudaine qu'inattendue. Il disait avoir besoin de mes conseils et de mes connaissances. Quel genre d'homme était-il ? Pourquoi m'avoir convoqué maintenant ?
J'ai médité durant tout le voyage sur ce que j'avais lu dans les livres, sur les rumeurs que j'avais entendues. Le moins que je puisse dire, c'est que les avis étaient partagés.
"- Cet homme ne respecte pas le code d'honneur de la corporation commerciale", avait un jour dit une vieille femme.
"- Détrompez-vous, ma dame. Le Seigneur Alangorha sait quand se salir les mains pour son peuple. Il n'a pas peur de se battre pour ce qui est juste."
Depuis son arrivée à la tête de la corporation commerciale, celle-ci avait connu des progrès extraordinaires. Les ressources venues des quatres coins du monde abondent désormais dans toutes les terres régies par l'alliance et le Seigneur Alangorha lui-même n'hésite pas à offrir de l'or aux habitants qui en ont besoin...

C'est au cours du voyage, deux jours avant notre arrivée, que nous croisâmes une patrouille de cavaliers qui nous apprirent qu'une guerre avait éclaté entre la corporation commerciale et l'armée autonome. Là encore, les conversations furent animées. Certains prétendirent qu'ils attendaient ce moment depuis des mois, d'autres parlèrent d'une décision prise sur un coup de tête. Pour ma part, j'avais enfin trouvé la réponse à une de mes questions, je savais pourquoi j'étais convoqué.

La traversée fut longue, mais sans embuches. Nous arrivâmes à la capitale de l'empire commerciale du Seigneur Alangorha le soir du septième jour. Des milliers de torches brillaient sur les remparts tel un mur d'étoiles précoces bercé par le manteau cramoisie du crépuscule. Alors que du coeur de la capitale raisonnaient des rires et des exclamations propres aux activités nocturnes, les quartiers proches des remparts étaient silencieux. Les soldats nous dévisagèrent lorsque nous entrâmes. La caravane fut conduite sur la grande place du marché sur laquelle des marchands démontaient leurs étales. En tant qu'invité officiel du roi de carreau, je fus escorté jusqu'à la forteresse du monarque et installé dans des appartements privés. Je notais au passage la multitude de gardes postés à l'interieur du palais.
"- Pas de doutes, pensais-je. Nous sommes bien en temps de guerre..."

Alangorha
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Re: Chroniques du voyageurs : La corporation commerciale

Message par Alangorha » 09 avr. 2017 - 19:13

"Si les tensions de la guerre étaient présentes jusque dans la pierre des remparts, elles ne semblaient pas s'étendre dans le reste de la ville. J'ai constaté que le coeur de la cité battait incessament au rythme des chants et des cris des habitants festifs, de jour comme de nuit.
Alors que l'aurore illuminait à peine le ciel encore étoilé, je recus la visite de Dame Vermina, accompagnée de domestiques. Sa réputation et ses exploits guerriers étaient tels que les présentations furent inutiles ; qui n'a jamais entendu parler de la femme aux cents visages ? Elle fut, par le passé, une voleuse, une mercenaire puis une reine avide de sang avant de devenir la maitresse d'arme du Seigneur Alangorha. Sa cruauté et sa soif de sang n'avaient d'égales que sa beauté. Je doute, par ailleurs, qu'un homme ait jamais pu l'approcher sans y perdre la vie. Me trouver en présence de cette dame que la réputation précède fut pour moi un honneur et une épreuve. Ses manières délicates et son éloquence raffinée ne suffisaient pas à couvrir des habitudes acquises durant des decennies par l'acier et le sang. Sa voix était autoritaire, chaque muscle tendu en permanence et un sabre à la poignée abimée par l'usage pendait à sa ceinture.
Une fois l'échange de politesses terminé, elle me conduisit à la salle du trône, non sans m'avoir remercié d'être venu. Les couloirs que nous avons franchit étaient tous plus somptueux les uns que les autres, ornés de tapisseries et d'oeuvres d'art d'une grande rareté. Les quelques pièces que nous traversions étaient décorées avec autant de gout que de simplicité. La salle du trône, quant à elle, était un chef d'oeuvre d'architecture. Le sol était pavé de marbre blanc, les murs recouverts de marbre rose et de dorures d'une extrême précision. Huit hautes colonnes d'ébène sculpté soutenaient un haut plafond auquel pendait un lustre millénaire, sans doute acheté à de lointains marchands Suderons des déserts de l'Ouest.
Je pense pertinent de mentionner une anecdote qui me fait toujours sourir. Lorsque nous sommes arrivés dans la salle du trône, le seigneur Alangorha n'y était pas. Un domestique nous informa qu'il s'attardait dans ses appartements avec son grand conseiller. Je fus donc conduit vers les appartements du roi de carreau, un lieu pourtant réservé au roi et à ses plus proches parents.
Si les couloirs étaient toujours aussi richement décorés, les appartements du roi ne ressemblaient à aucune autre pièce du palais. A l'intérieur : ni riches ornements, ni tapisseries hors de prix. Les appartements du roi étaient plutot sombres. Le hall débouchait sur un salon en forme d'alcove au centre duquel se dressaient deux fauteuils placés face à une cheminée allumée. Les murs étaient recouverts d'une bibliothèque composée d'une multitude de livres en tout genre. La porte de gauche conduisait à la chambre à coucher du roi, tandis que la porte de droite s'ouvrait sur un autre salon, celui-ci plus officiel. Des piles de livres et de papyrus étaient amassées dans les coins et tout un pan du mur était ouvert sur une terrasse surplombant la ville et ses environs.
Dans le couloir déjà je pouvais percevoir une conversation passionnée entre deux hommes. Ils étaient en réalité trois. Notre arrivée dans le salon mit fin à celle-ci. Dame Vermina m'annonca. Je reconnu immédiatement l'homme qui était debout au centre du salon, un homme d'un certain age vêtut d'un manteau grise assortit à sa longue barbe ; le grand conseiller du roi. Celui qui était assis, au bout de la longue table, le dos appuyé contre le dossier d'un fauteuil magnifiquement sculpté et les bras croisés sur la poitrine, le roi Mars. L'as de pique, l'ainé de la puissante famille du seigneur Alangorha.
Debout sur la terrasse décorée de fleurs exotiques, face à la capital qui se réveillait, le seigneur Alangorha contemplait son empire, vêtut d'un épais manteau en fourrure doré sertie de saphirs.
- Soyez le bienvenu dans mon royaume, maitre. La corporation commerciale requiert votre savoir..."

Alangorha
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Re: Chroniques du voyageurs : La corporation commerciale

Message par Alangorha » 09 avr. 2017 - 19:13

Mon sang ne fit qu'un tour quand je le vis. Je parvins toutefois à répondre :
- Mon seigneur, c'est pour vous l'offrir que je me suis rendu jusqu'ici.
- Vous avez fait la connaissance de notre maitresse d'arme ? demanda-t-il le plus naturellement du monde, comme si ce sujet était la suite logique de la conversation. Je n'en tins pas rigueur.
- Les légendes élogeant cette dame sont légions dans les terres du sud.
Face à cette flatterie, l'intéressée demeura impassible.
- Elle est responsable de toutes nos manoeuvres militaires, poursuivit le roi, toujours dos à moi. Les mouvements des troupes, l'emplacement de chaque garde jusque dans l'enceinte de ce palais... Pas une arme n'entre en mouvement dans nos terres sans que dame Vermina ne l'ai ordonné.
- J'en ai bien conscience, sir, répondis-je.
Finalement, le roi se tourna vers moi. Quand mes yeux le contemplèrent, j'eus comme un frisson. Le seigneur Alangorha était jeune. Trop jeune ? Si tant est qu'il existe un âge pour être roi... Des sourcils froncés et des lêvres plissées affichaient sur son visage une attitude pensive. Des cheveux de jais ondulaient autour de ses épaules à chacun de ses pas. Une barbe courte parfaitement taillée encadrait un visage opalin garnit de deux saphirs fixés sur moi. Des yeux d'un bleu si dense que l'océan tout entier semblait y résider. Un charisme inexplicable émanait de cet homme qui n'avait pas encore connu sa trentième saison chaude.
Il vint s'asseoir au milieu de la table. Son grand conseiller prit place face à lui. Quant à moi, je fus invité à siéger en bout de table, face au seigneur Mars.
Aussitôt, le grand conseiller se racla la gorge, les affaires n'étaient plus aux formalités :
"- Comme vous le savez, me dit-il, la corporation commerciale est en guerre contre l'armée autonome depuis plusieurs jours.
- J'ai eus vent de cela, répondis-je, mal à l'aise.
- Depuis la déclaration, poursuivit le vieil homme, les batailles sont nombreuses et ravagent des terres qui autrefois étaient florissantes et...
Le seigneur Alangorha s'adressa à moi comme si le grand conseiller n'avait jamais pris la parole :
- Que pensez-vous de la guerre ? me demanda-t-il.
Une question aussi directe me surpris.
- Désirez-vous mon avis concernant le concept de guerre ou bien sur celle qui oppose la corporation aux autonomes ?
- A vous de choisir.
M'avaient-ils fait venir uniquement pour avoir mon avis sur cette guerre ? Aussi flatteur que cette idée puisse paraitre, je doutais qu'elle fut la seule raison de ma présence ici. Je réfléchis quelques instants avant de répondre.
- Je considère personnellement que la guerre est une nécessité. A l'état de nature, dans les instincts humains les plus primitifs, la violence a toujours été le moyen le plus direct et le plus radical de parvenir à ses fins. La chasse, la pêche, la construction d'outils et d'abris servent toutes à satisfaire les besoins humains par la violence ; l'homme adapte son environnement à ses besoins, et non l'inverse. C'est déjà une forme de violence. En tant que pacifiste, je considère que l'accomplissement de l'homme réside dans sa capacité à surmonter ces instincts primaires afin de promouvoir des solutions pacifistes et durables. Je considère que le dicton "l'union fait la force" est plus pertinent que celui qui prône la loi du plus fort et qu'un comportement violent, à long terme, créer davantage de problèmes qu'il n'en résoud.
Je mis un temps avant de réaliser où je me trouvais et de comprendre que mes propos, dans ce contexte précis, pouvaient me valoir un aller simple pour les cachots, voir pire... Je venais de m'oppose ouvertement aux décisions des deux frêres les plus puissants de l'Est, face à eux ! Etrangement, je ne fus pas appeuré. Le roi de carreau dégageait une aura apaisante dans laquelle on se sentait à l'aise.
Le grand conseiller parut choqué par mes propos mais, à ma grande surprise, ma réflexion fut accueillie par le roi par un hochement de tête approbateur. L'as de pique se leva, fit quelques pas autour de la table.
- Que voilà une conception honnorable de la guerre, dit finalement le seigneur Alangorha.
- La vision théorique et idéaliste d'un homme qui n'a jamais connu ni vécut la véritable guerre, rétorqua le seigneur Mars à son frêre.
Ce dernier ne releva pas la remarque.
- Et... Pour ce qui est de la guerre qui nous concerne ? me demanda-t-il.
Question délicate, à double tranchant. Je choisis la prudence :
- Je crains de ne pas avoir toutes les informations nécessaires à la production d'un avis pertinent à ce sujet, mon seigneur.
Un silence suivit.
-Laissez-nous, ordonna finalement le roi.
Sans un mot, le grand conseiller quitta la pièce, suivit de près par le seigneur Mars qui murmura à l'oreille de son frêre avant de disparaitre.

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